Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 02:12

RÉSULTATS DU MINI-SONDAGE – SÉANCE DE SIGNATURE – LIBRAIRIE CARCAJOU DE LAVAL – SAMEDI 13 MARS 2010 de 12 hres à 16 hres pm

 

Premièrement, les résultats d’un mini-sondage informel et anonyme que j’ai fait et qui consistait à répondre seulement par OUI ou par NON en cochant la case appropriée pour répondre à trois questions :

1- Connaissez-vous dans votre entourage une personne qui a été abusée sexuellement par un membre de sa famille durant son enfance? (cela peut être vous-même)

OUI : 6       NON : 4

2- Croyez-vous qu’il est possible d’avoir complètement oublié de tels abus pour ne s’en rappeler que des dizaines d’années plus tard à l’âge adulte?

 

OUI : 4       NON : 6


3- A votre avis, est-ce qu’en général on parle assez de l’inceste (journaux, télévision, livres, etc.)?

OUI : 2       NON : 8

 

Dix (10) personnes ont répondu au sondage.

Hommes ou femmes tous âgés de 50 ans et plus (les adultes plus jeunes étaient souvent accompagnés d’enfants; ils ne s’arrêtaient pas et je ne les interpellais pas non plus pour leur parler de ce sujet); j’aurais voulu en avoir plus. Au début, je sollicitais les gens qui passaient dans le corridor devant moi. Mais j’ai vite cessé quand certaines réponses me sont restées prises dans le gosier. J’étais assise à une table à l’avant de la librairie. Sur la table, une pancarte avec la page couverture de mon livre et une étiquette qui indiquait : « Séance de signature Samedi le 13 mars 2010. Venez rencontrer l’auteure à partir de 12 hres. »  La séance avait été annoncée sur le site internet des librairies Carcajou mais c’est tout. Aussi sur la table, une boite de carton que j’ai confectionnée pour l’occasion sur laquelle on peut lire en grosses lettres, Mini-Sondage et dessous, Merci!! Et puis une fente pour glisser la feuille pliée comme dans les bureaux de vote.

En plus de répondre au sondage par écrit, certaines personnes ont rajouté verbalement ces commentaires :

A la question no. 2, deux personnes m’ont dit de façon catégorique et je cite : « Cela ne s’oublie pas ces choses-là! » Ce n’était pas la première fois que j’entendais cet énoncé.

A la question no. 3, plusieurs ont précisé qu’on en parle plus qu’avant, surtout en faisant de la prévention dans les écoles, mais que ce n’est pas encore assez. A la même question, une des deux personnes qui était d’avis qu’on en parlait assez a aussi rajouté : « On en parle même trop! »

 

----------------------------------------------

Les mots ou attitudes qui blessent, les gestes ou paroles qui réconfortent….

Le tout début fut difficile. Assise à ma table, seule, des gens passaient dans le corridor sans me regarder. Je comprenais. Quand on travaille et qu’on n’a que les week-ends pour faire les courses, alors on y va au pas de course justement! Tout juste derrière moi, deux couples d’amis, quarantaine environ, qui se sont rencontrés par hasard dans la librairie, parlent de leurs négociations d’achat de maison en cours. J’ai hâte qu’ils partent. Je ne supporte pas. J’essaie de me raisonner. Ils ont leur vie. Ils parlent de ce qui les anime. Ce n’est pas parce que j’expose juste à côté d’eux l’histoire d’horreur de ma vie que cela doit les empêcher eux de vivre. Mais je me sens à nouveau comme si je n’existais pas, comme si j’étais invisible. Sensation connue, que par trop connue dans ma vie. Sensation paniquante. Alors je sors ma bouée de sauvetage : le livre « Vols, viols, violences et vérités » qu’une amie, Valérie, rencontrée sur Facebook a écrit. Je pense aussi à mes amis sur Facebook, autres victimes ou militants, professionnels qui m’ont encouragée avant de partir pour cette séance de signature. Je me raccroche à cette idée, que je ne suis pas seule. Et que même si je suis seule, j’EXISTE AVEC ma terrible réalité. Même si personne autour de moi ne la voit, moi SI. Et ce n’est pas parce que personne ne me voit, parce que personne ne connaît mon drame que je n’existe pas. Ce besoin de sentir mon existence CONFIRMÉE par les autres qui me revient à nouveau. Oh, là que je me dis! On se calme. Je ne vais pas mourir parce qu’on ne porte pas attention à mon drame, au drame de ma vie! Alors je finis par me calmer. L’espace d’un instant j’ai ressenti ce qui a fait que je n’ai pas eu de vie sociale ou presque pendant 4 années. Je ne supportais pas d’entendre les autres parler de leur petit train train de vie alors que j’étais en pleine crise perpétuelle et ne pouvait pas en parler et encore moins le hurler! Au moment où ces mêmes gens qui parlaient très fort de leurs belles maisons sortent de la librairie et passent tout près de moi, j’essaie de leur parler mais ils me font tout de suite signe que non et s’en vont…

Je Resspiiire. Un de perdu, dix de retrouvés comme on dit. Je commence à essayer d’interpeller les gens qui passent dans le corridor. Avec ma voix qui est encore rauque (même si c’est mieux, cela va faire 8 semaines maintenant que cela dure), c’est un peu difficile. On me fait signe qu’on a pas le temps et je comprends très bien. Jusqu’à ce qu’une dame âgée probablement septuagénaire s’arrête et me dise tout bonnement et de façon un peu agressive : « Non, je ne réponds pas à ce sondage. Parce que l’inceste, cela existe depuis que le monde est monde! La preuve, regardez Adam et Eve. Comment leurs enfants ont-ils fait pour que la race humaine existe? Il fallait bien sinon…Avez-vous une autre explication? ». Elle a continué son chemin sans attendre ma réponse car en fait, de toutes manières, je n’aurais pas répondu à cela. J’étais bouche bée! Ouf!

A partir de ce moment qui était le point culminant de d’autres refus de répondre au sondage, que je positionnais pour aider les victimes d’inceste, j’ai arrêté de solliciter. Et me suis replongée le nez dans mon livre. Je ne faisais qu’établir un contact visuel avec les gens qui passaient et là cela a changé. J’ai lâché prise. Peu importe que je ne vende pas de livre et que j’entende dans ma tête à nouveau ma famille jubiler, que je me suis dit. ET aussi, si les gens ont vraiment à cœur cette cause, ils vont s’arrêter, ils vont prendre le temps et ils vont venir à moi.

Ce qui s’est passé par la suite. De beaux échanges et quatre ventes, ce qui, paraît-il est bien étant donné que c’est la moyenne pour des sujets moins délicats et en des après-midis plus achalandés (il faisait très beau dehors et dans ces moments-là, les centres d’achat sont déserts ou presque) Quand il n'y avait pas d'échanges verbaux, au moins un sourire ou un bonjour. Je recommencais à exister! 

J’ai longuement discuté avec un couple dans la soixantaine je crois qui ont acheté le livre. Le conjoint m’a dit ne vraiment pas comprendre qu’on puisse ne pas respecter ses filles (il en a deux) et la dame était au courant du sujet puisqu’il y en avait dans sa famille. A la fin, ce monsieur s’est penché pour me faire la bise sur les deux joues et me serrer la main pour me souhaiter bonne chance et de continuer à guérir. J’ai senti sa compassion.  Il avait presque les larmes aux yeux ou si c’est moi. Que de bienfait mon Dieu! Et sa femme juste à côté de lui qui semblait me faire la bise en même temps. Rien, absolument rien de sexuel ou de rattaché à une quelconque attirance physique. Comme le bon père envers sa fille. Comme cela aurait dû être avec mon père…

L’après-midi se termine par une rencontre un peu difficile. Il faut croire que j’avais eu le temps de faire le plein d’énergie positive pour être capable d’écouter ce monsieur sans petter les plombs. Il n’était pas agressif, mais à un moment donné me dit, sans vouloir me fâcher, vouloir me poser une question. L’âge de mon propre père, octogénaire, ce que j’allais savoir juste plus tard car il paraissait 65 ans. Québécois pure laine, originaire d’une famille nombreuse d’un petit villlage en campagne.  « Comment vous expliquez que nos grands-mères se sont mariées à 12 ou 14 ans dans le temps et qu’elles ne se sont jamais plaintes? J’essayais de lui démontrer qu’il y avait quand même une différence même si personnellement je n’approuve pas …Et à un autre moment : aujourd’hui les hommes ont peur, à la moindre petite chose, ils peuvent se faire accuser d’attouchements ou de viol. Sans être féministe à outrance, je voyais là des germes de masculinisme à outrance. Monsieur très « courtois » par ailleurs (dans ses manières en tout cas) et me disant que j’étais bonne de lui répondre comme cela. Comme quoi? Mais c’est devenu vraiment intolérable lorsqu’il m’a dit que sa nièce se plaignait d’avoir été abusée par son père, ses frères et ses cousins lorsqu’elle était jeune. Et lui de poursuivre : Coup donc, est-ce qu’elle aimait cela?  Et après une période de problèmes de toxicomanie, cette même nièce s’est trouvé un emploi comme masseuse pour hommes! Encore le : elle aime cela, elle reste dans le domaine! Et finalement, cerise sur le sundae au moment où j’expliquais qu’une femme abusée dans l’enfance peut rechercher ou attirer inconsciemment des situations similaires. Je lui ai mentionné cet épisode vers 19 ans où j’étais seule à une heure du matin dans un autobus me remenant chez moi en banlieue de Montréal. Un homme est entré et est venu s’assoir juste à côté de moi. Je ne le connnaissais nullement. Je n'ai absolument rien dit. Et puis, quand l’autobus s’est mis en route, il a pris ma main et l’a mise sur sa braguette. J’ai figé presque tout le long du trajet jusqu’à ce qu’après un bon moment, je réussisse à sortir de ma stupeur, à sortir de la banquette et à aller m’assoir en avant tout près du chauffeur, sans RIEN lui dire. Il avait eu l’occasion de me tapoter une fesse au passage. Eh bien mon cher monsieur de samedi de me répondre : Bah, cela ne faisait pas mal!

 Incroyable!

OUF! Sauvée par la cloche, je me suis rendu compte que j’avais dépassé l’heure, ce qui a mis fin à cette conversation si enrichissante (sic).

Aujourd’hui, en repensant à cela, je me suis mise à pleurer. ET surtout à penser que cet homme était du même âge que mon père et d’une famille nombreuse lui aussi tout comme mon père. Où l’apprentissage à la sexualité se faisait par des pairs un peu plus âgés. Ces paroles de mon père dans la période où je n’avais pas encore de souvenirs me sont revenues en tête. Je ne les avais jamais oubliées. Je dînais avec mes deux parents chez eux et on parlait de l’affaire Dutroux en Belgique. Ma mère s’était exclamée : Incroyable de faire subir cela à des enfants (en parlant des abus sexuels). Et mon cher paternel de renchérir : « Ils ont quand même eu à manger à leur faim ». C’est tout ce qu’il a trouvé à dire. Cela me donne la chair de poule. Oui, papa, j'ai toujours mangé à ma faim. Tellement que maintenant, je déteste manger et que j'ai un appétit d'oiseau! 

MORALE DE CETTE JOURNÉE : Vraiment être prêt à en entendre de toutes sortes avant de faire des sorties dans le grand public! Car ces gens de nos familles incestueuses qui nient, qui minimisent, ils ne sont pas les seuls à le faire dans le grand public. On est loin de la sécurité du giron des groupes d’entraide pour victimes ayant connu les mêmes déboires!! Je ne le regrette pas, mais ne le referais pas trop souvent!


 

Par Maritée - Publié dans : Articles de Maritée - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 20:16

logo-editionsJailEspoir

Éditions J'ai l'Espoir

St-Jérôme, Québec
www.editionsjespoir.com

 

 

A défaut d’obtenir AVEUX, justice ET réparation, elle a écrit un livre sur l’enfer qu’elle a vécU…

Un témoignage inédit sans lequel elle ne pouvait continuer à vivre…

 

Maritée (pseudonyme) veut à travers ce témoignage sensibiliser la population en général et les professionnels à plusieurs phénomènes dont on ne parle malheureusement pas assez, soit :

 

1-     Qu’il est possible d’avoir TOUT oublié de sévices sexuels subis dans la famille durant l’enfance pour ne s’en rappeler que des décennies plus tard à l’âge adulte;

 

2-     Que l’automutilation et la compulsion à répéter sur soi-même ou sur les autres ou encore à nier ou minimiser, sont des mécanismes de défense permettant de s’anesthésier parce que la vérité est trop dure à voir;

 

3-     Que les pires sévices peuvent avoir été commis par ceux qui ont des apparences irréprochables et des positions bien considérées dans la société;

 

4-     Que la « thèse » des faux souvenirs mise de l’avant par certaines associations aux États-Unis, en Angleterre et en France peut faire des ravages chez les vraies victimes aux souvenirs retrouvés;

 

5-     Que de ne pas avoir été crue et secourue étant enfant et que ceci continue à l’âge adulte fait en sorte que la victime continue à vivre enfermée vivante dans la tombe du silence;

 

6-     Que de ne pas être crue est encore pire que les sévices subis et peut mener au suicide.

 

 

L’auteure est née au Québec. Elle est titulaire d’un Ph.D. en sciences. Elle a étudié auparavant en médecine mais a dû abandonner ses études au début de sa 4e année après avoir complété avec succès un premier stage d’externat en psychiatrie. Incapacité de continuer par blocage psychologique. Échec cuisant relié à un malaise profond et inexplicable relié à l’examen physique des patients. Plus tard, elle a aussi complété une formation de base de 750 heures donnée par une école privée de formation de psychothérapeutes. De par ses études, l’auteure a pu non seulement livrer son histoire, mais aussi l’analyser et la supporter par des ouvrages de références consultés, devenant par le fait même son propre sujet de recherche.

 

Récemment, elle a adhéré à l’AIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste) et est devenue membre de l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie présidée par la Dre Muriel Salmona, psychiatre française.


 

Titre: MA VIE EN PIÈCES DÉTACHÉES

Auteure : Maritée

Parution : novembre 2009

ISBN : 978-2-9811476-0-8

342 pages – Format : 15 X 23 cm
Prix : 24,95$

Aide à l’écriture : Nadine Guezennec, Auteur Conseil, Spécialiste des Récits de Vie, Paris, France 

(www.passememoire-biographe.com)

 




RECTO - image

Par Maritée - Publié dans : Articles de Maritée - Communauté : stop abus et violences
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 19:46


Voici ma réponse courriel au département concerné du ministère de la justice, Bureau d'aide aux victimes d'actes criminels,

Avec en copie conforme l'adjointe administrative du cabinet de la ministre qui m'avait fait parvenir l'accusé de réception et à l'attention de son conseiller politique plus particulièrement.



Bonjour Madame,
 
Je crois qu'il y a un problème de communication. Ma lettre à la ministre ne s'est pas rendue jusqu'à vous? J'avais mentionné le fait que j'avais justement été refusée par l'IVAC alors que je connais d'autres victimes qui elles par contre n'avaient pas oublié et qui ont été indemnisées des décennies plus tard.
 
Je ne suis pas allée en appel de cette décision la dernière fois car mon état de santé ne me permettait pas de le faire. J'ai quand même parlé au téléphone avec la personne qui avait analysé mon dossier et ses réponses ne m'ont pas du tout satisfaite. Quand je lui parlais de ce délai avant de faire une demande, délai identique chez d'autres, elle me disait qu'il s'agissait du cas par cas, qu'on ne pouvait comparer aux autres! Lorsque je lui ai demandé si le fait que j'avais oublié changeait quelque chose, elle me répondait que non, mais permettez moi d'en douter. Je pouvais faire appel par écrit mais cela se serait rendu à elle, alors à quoi bon. J'aurais pu aller plus haut mais ne me sentais pas la santé psychologique pour le faire.
 
On parle de justice ici, d'équitabilité. Je ne trouve pas cette situation juste. Si vous lisez le livre de Martine Ayotte, La Proie paru aux Editions JCL en octobre 2008 et qui a été indemnisée, et que vous lisez aussi le mien, j'aimerais savoir pourquoi elle a pu rececoir de l'aide et pas moi? Est-ce que quelqu'un dans votre ministère a juste pris le temps de lire mon livre? Et de me dire après pourquoi je ne suis pas indemnisable. A cause d'un délai de prescription? Il n'y en a pas pour la poursuite d'un agresseur en justice. Pourquoi mes raisons de ne pas avoir demandé de l'aide plus tôt ne sont-elles pas bonnes?  Si ce n'est de la méconnaissance des souvenirs d'inceste retrouvés et qui ne reviennent pas tout d'un coup. De plus il faut avoir passé l'étape de l'état de choc et l'autre de se faire dire sans arrêt que ce n'est pas vrai. Comment demander une indemnisation dans ces conditions?
 
Si j'ai écrit à la ministre de la justice, c'est pour aller plus haut que les lois auxquelles l'IVAC doit se conformer. Car ces lois elles viennent de plus haut n'est-ce pas?? De plus, d'autres souvenirs ont émergé depuis ma demande en 2008, les pires en fait. Le processus pour quelqu'un qui s'était dissocié n'est pas le même! Vous me parlez de mon livre. Je me suis endettée pour le faire et je ne peux plus travailler à temps plein depuis longtemps, souffrant de Syndrome de stress post-traumatique. J'avais un emploi à temps partiel à (...) , emploi que j'ai perdu à cause des séquelles de mon traumatisme. Je souffre de plusieurs problèmes psychosomatiques invalidants pour lesquels une aide financière aurait été appréciée.
 
Permettez moi de vous dire que je me sens toujours profondément lésée par cette décision qui est aussi profondément INJUSTE. Lésée par le fait que ceux qui font les lois ne veulent pas s'immiscer dans la manière dont celles-ci sont interprétées plus bas dans l'échelon de l'IVAC. Ou considérer que peut-être ces lois ne sont pas adaptées à tous les cas. C'est trop facile de dire que la ministre de la justice ne peut interférer dans les lois établies. Mais établies par qui justement?

 
D. C.
St-Jérôme, Québec

Victime de sévices sexuels violents et sadiques (tortures) par le père de l'âge de deux ans et demi à 14 ans, attachée dans ma bassinette à deux ans et pénétrée avec des objets, premier viol à 7 ans, avortée dans le bain à 14 ans avec une aiguille à tricoter, mais non indemnisable par l'IVAC! J'avais tout oublié, mon père paraissant trop bien (tel le Colonel Russell Williams), même à l'intérieur de notre petite famille, ma mère et mon frère le pensant toujours parfait.
Par Maritée - Publié dans : Correspondance - Communauté : abus sexuels et conséqences
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 18:28

Voici l'aide que je reçois suite à ma lettre à la ministre de la justice du Québec, Me Katleen Weil lui demandant, entre autres, qu'on reconsidère la décision de l'IVAC de refuser de m'indemniser. Dans cette lettre, je mentionnais aussi à quel point la méconnaissance du fait qu'on peut avoir complètement oublié des traumatismes d'enfance sévères a des répercussions dans tous les aspects de notre vie, incluant au point de vue juridique et social et j'avais joint un exemplaire de mon livre. Eh bien en voici une répercussion: l'incapacité d'être indemnisé par l'IVAC lorsque l'abus est arrivé il y a des décennies et qu'on avait tout oublié.

Je recopie la lettre ici et vous mets dans un autre article ma réponse par courriel au ministère car, même si je ne m'attendais pas à grand chose, il faut croire que je rêvais quand même un peu en couleurs, d'où ma peine à nouveau. Peine de ne pas être reconnue et aidée dans ce que j'ai vécu. On me parle du fait que mon témoignage (mon livre) et mon retour à la vie normale vont être fort appréciés des organismes oeuvrant auprès des victimes d'inceste et des victimes elles-mêmes. Et moi, je n'en suis pas une victime d'inceste? Qui va m'aider moi pour que je puisse continuer à en aider d'autres à travers mon propre combat? J'ai l'impression qu'on m'incite à retourner au plus vite à la vie normale. Pour ne pas trop déranger? Comment pouvez vous être si certains que je vais guérir face à tant d'injustice qui continue? Comment pouvez vous être certains que je ne vais pas me suicider demain matin? Qu'en savez-vous? Oui, je peux téléphoner aux multitudes lignes d'écoute S.O.S. suicide, mais est-ce que cela va m'aider à régler le problème de fond? En quoi, cela va-t-il changer ma situation au long terme? La précarité financière, les dettes, la détresse psychologique et les troubles psychosomatiques...Sur lequels se surajoute la NON RECONNAISSANCE et MÉCONNAISSANCE à nouveau de la problématique que je vis, qui font encore plus mal que tout le reste.  Non-reconnaissance d'avoir été abusée dans l'enfance par un homme qui paraît impeccable en société et d'avoir tout oublié pour survivre. Méconnaissance de tous les impacts que cela a eu et qui sont autant d'obstacles pour guérir rendue adulte et surtout à 50 ans. Et qui font en sorte que vous refusez de m'aider pour cela. J'ai l'impression à la lecture de cette lettre d'être traitée comme un instrument et non comme un être humain....Mais rassurez-vous, je RESS...PIIRE par le nez. Je me dis que ce ne sont pas la majorité des pays qui indemnisent leurs victimes d'inceste. Par contre, si je me compare à certains de mes compatriotes, j'ai mal à nouveau. Je cherche la justice, l'égalité, que tout soit équitable pour tous, incluant moi-même.. Et ces situations réouvrent à nouveau mes plaies non cicatrisées. Impuissance, désespoir, douleur morale. Impression que le fait de ne pas avoir été secourue petite se continue maintenant. Débrouillez-vous seule, c'est ce que je lis ici et en plus faites le vite pour en aider d'autres!


Voici donc le verdict:


Ministère de la Justice du Québec
Direction des orientations et politique

PAR COURRIEL

Le 10 mars 2010

Madame,

Au nom de la ministre de la Justice, madame Kathleen Weil, je donne suite à votre correspondance du 14 février dernier concernant votre demande d'indemnisation par l'IVAC.

A la lecture de votre correspondance, nous constatons que vous aviez déjà adressé une demande d'indemnisation à la Direction de l'indemnisation des victimes d'actes criminels et que cette demande a été refusée.

A cet égard, vous comprendrez que la ministre de la Justice ne peut intervenir dans le processus décisionnel de la Direction de l'IVAC.

Toutefois, je suis certaine que votre témoignage et votre cheminement vers un retour à la vie normale seront fort appréciés des organismes oeuvrant auprès des victimes d'inceste et des victimes elles-mêmes.

Je vous souhaite bon succès avec la vente de votre livre et je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

AT/mt

Par Maritée - Publié dans : Correspondance - Communauté : abus sexuels et conséqences
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 19:46


Annoncée sur le site web des librairies Carcajou (situées en banlieue nord de Montréal), section ÉVÈNEMENTS:

http://www.librairiecarcajou.com/fr/evenements.php?evenement=8

Séance de signatures 13 Mars 2010

Librairie Carcajou, Centre Duvernay Laval

Venez rencontrer Maritée auteure du récit autobiographique Ma vie en pièces détachées, samedi le 13 mars 2010, à partir de midi.


RECTO - image


Je vais en profiter pour faire de la sensibilisation, naturellement et peut-être un petit sondage:

1- Connaissez vous une personne (amie, connaissance, etc.) qui ait été victime d'abus sexuels durant son enfance par un proche parent? (un peu délicat de demander directement: venez vous d'une famille incestueuse?!)

2- Pensez-vous que c'est possible d'avoir oublié de tels abus pour ne s'en rappeler qu'à l'àge adulte?


Si j'ai beaucoup de réponses, je vais mettre les résultats sur ce blog par la suite. 

Par Maritée - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Présentation

Profil

  • : Maritée
  • Le blog de Maritée
  • : Femme
  • : Québec
  • : Inceste Automutilation Souvenirs retrouvés à l'âge adulte Blog de Maritée Témoignages d'inceste
  • : Maritée (pseudonyme) Auteure de "Ma vie en pièces détachées" disponible à www.editionsjespoir.com; courriel: maritee@inceste-omerta.com

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus