Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 19:46


Annoncée sur le site web des librairies Carcajou (situées en banlieue nord de Montréal), section ÉVÈNEMENTS:

http://www.librairiecarcajou.com/fr/evenements.php?evenement=8

Séance de signatures 13 Mars 2010

Librairie Carcajou, Centre Duvernay Laval

Venez rencontrer Maritée auteure du récit autobiographique Ma vie en pièces détachées, samedi le 13 mars 2010, à partir de midi.


RECTO - image


Je vais en profiter pour faire de la sensibilisation, naturellement et peut-être un petit sondage:

1- Connaissez vous une personne (amie, connaissance, etc.) qui ait été victime d'abus sexuels durant son enfance par un proche parent? (un peu délicat de demander directement: venez vous d'une famille incestueuse?!)

2- Pensez-vous que c'est possible d'avoir oublié de tels abus pour ne s'en rappeler qu'à l'àge adulte?


Si j'ai beaucoup de réponses, je vais mettre les résultats sur ce blog par la suite. 

Par Maritée - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 05:30

La semaine passée, j'ai reçu en deux jours deux commentaires de personnes, qui me recommandaient la thérapie par l'EMDR, de plus en plus utilisée pour le SSPT (syndrome de stress posttraumatique) dont souvent vont souffrir les victimes d'actes criminels, dont entre autres, les victimes d'inceste. J'ai, pour ma part, longuement expérimenté l'IMO (intégration par les mouvements oculaires), technique qui m'a grandement aidée à déminer le terrain et trouver la cause de la grande majorité de mes flashbacks. Ceci me ramène à une question que je m'étais déjà posée auparavant. Quelle est la différence entre l'EMDR et l'IMO pour ce qui est des victimes qui, comme moi, avaient oublié? En cherchant sur le net, je n'ai pas trouvé de réponse à ma question. Et de ne pas trouver de réponse m'a amenée à revivre un sentiment de révolte teinté d'impuissance et d'insécurité. Les thérapies pour l'inceste se font-elles de façon empirique? On essaie et si cela ne va pas, on passe à autre chose? Considérant que la plupart des thérapies à long terme se font dans le privé, qu'est-ce qui nous indique, à nous, victimes d'inceste qui avaient oublié, que l'on ne jette pas notre argent par les fenêtres? Surtout que cet argent est précieux surtout lorsque les séquelles d'une telle problématique ont un impact sur notre situation financière. On nage en plein mystère et j'ai souvent l'impression que les thérapies sont menées à la va-comme-je-te-pousse, via un système d'essais et erreurs. 

Ceci m'amène à faire le lien entre le sujet de ce blog, l'omerta, et le manque de recherches appliquées dans ce domaine et donc de thérapies appropriées.

Cette loi du silence reliée à la honte, la peur ou l'incapacité de voir la réalité en face ou autres raisons font de l'inceste un sujet encore tabou dont on parle peu et qu'on explique peu au grand public. Cela demeure donc l'apanage des professionnels qui ne sont pas tous, il va sans dire, spécialisés et compétents en cette matière (même s'ils peuvent l'être dans d'autres problématiques). Il y a aussi une certaine pudeur, que je considère pour ma part mal placée, qui règne encore et qui fait de ce drame vécu en famille comme une chose dont il ne faut pas s'occuper si on n'est pas de la famille proche, sous prétexte qu'il n'est pas bien de s'immiscer dans les affaires des autres. L'expression laver son linge sale en famille illustre très bien ce phénomène. Mais ce drame, ce n'est pas un drame comme les autres. Quelqu'un est en train d'être tué à petit feu. Un enfant victime ou un adulte qu'on ne croit pas lorsqu'enfin il se remémore et/ou décide de parler des abus vécus dans son enfance.

Vous allez me dire: oui, mais on en parle plus qu'avant. On en parle plus qu'avant mais est-ce suffisant si on considère le nombre de victimes qui continuent à souffrir en silence?


"Selon une enquête IPSOS réalisée en France, (...) 26 % (des français) disent connaître au moins une personne victime d'inceste dans leur entourage. Mais seul un individu sur trois sait réagir face à un cas d'inceste"
 http://www.carnetdeliens-abussexuels.net/

Lorsqu'on en parle, n'est-ce pas la plupart du temps parce que c'est une histoire à sensation du genre de l'affaire Fritzl? Ou encore parce que l'abuseur vient d'être reconnu coupable en justice, encore plus s'il s'agit d'une personne connue du domaine politique ou du showbiz? Le livre de Nathalie Simard s'est vendu à des centaines de milliers d'exemplaires. La même chose pour les soeurs Hilton victimes de leur père, le tristement célèbre boxeur. Ces livres relatent les faits mais sans plus. Mais combien d'émissions télévisées, combien de livres sur les tablettes des librairies au Québec font état de ce sujet en tentant de l'expliquer, de faire comprendre ses causes, ses mécanismes, ses séquelles, etc.?  Des titres tels que "Ces femmes qui aiment trop", "Comment j'ai vaincu le cancer", "Comment réussir sa vie" et j'en passe, foisonnent dans les rayons des librairies. De cela monsieur ou madame tout le monde peut en témoigner ou des experts écrivent sur le sujet. Avez vous vu beaucoup de livres écrits pour la population en général, soit par des professsionnels ou des victimes et qui seraient intitulés: "Comprendre l'inceste" ou "Comment j'ai survécu à l'inceste"? ou encore mieux: "Retrouver la joie de vivre suite à un inceste" ou "Pourquoi j'ai commis l'inceste". Peut-être y en-a-t-il plus de publiés par des maisons d'édition françaises? Mais au Québec, je n'en connais presque pas. Et encore je ne vous parle que de l'inceste en général. En ce qui a trait à des problématiques plus spécifiques, spécifiques ne voulant pas dire "rares", telles que le fait d'avoir oublié ou des conduites ou comportements auto-anesthésiants pour continuer à vivre dissocié, de cela on en parle encore moins.

Pourquoi presque tous les éditeurs au Québec vont accepter de lire des manuscrits lorsque ceux-ci sont des romans, donc fictifs et accepter de les publier si intéressants et bien écrits? Alors que Marie L. (pseudonyme) qui a finalement publié le livre "Les ailes du papillon" avec l'aide d'un réseau communautaire, s'était fait dire avant par des éditeurs traditionnels que, quoique bien écrit, son témoignage d'inceste (un cas d'inceste occulté pendant de nombreuses années) ne s'adressait qu'à un public restreint? Pourquoi les romans et les films d'horreur se vendent-ils si bien? Est-ce que la fiction est plus intéressante? Pour les personnes qui souffrent en silence, qui vivent des drames non fictifs et bien réels, ces livres ne sont pas ceux qui vont faire avancer leur cause et leur sort!

Bien sûr, tous les gens (heureusement!) ne vivent pas de tels drames dans leur vie et ils ont bien droit à leurs loisirs et à se changer les idées en lisant des livres d'histoires palpitantes et fictives. Ou les journaux à potins parlant de la vie intime de telle ou telle personnalité du showbiz par exemple. Mais il pourrait tout de même y avoir un juste équilibre dans le domaine de l'édition entre autres. Mais aussi du point du vue des émissions télévisées.

Je vais prendre une expression utilisée en pharmaceutique pour les maladies rares pour lesquelles on ne fait pas assez de recherche car moins rentables au bout de  ligne, les maladies dites "orphelines". L'inceste et les abus sexuels intra-familiaux seraient-ils une problématique rare, orpheline? Je ne le crois vraiment pas.

Naturellement, le côté "criminel" de la chose n'aide pas à publier, à en parler. Il ne faut pas risquer de ternir la réputation ne serait-ce que d'une seule personne innocente qui serait faussement accusée. Ceci dit je crois beaucoup plus au proverbe "Il n'y a pas de fumée sans feu" dans ces cas.

Oui, commettre l'inceste est criminel. Mais si, sans vouloir excuser les pédophiles ou autres pervers sexuels, on regardait les choses d'un autre point de vue? Celui de personnes qui, souffrant elles aussi de mémoire traumatique, ont, pour une raison ou pour une autre, et bien inconsciemment, opté pour une conduite d'évitement dissociante qui fait que l'agressivité est dirigée vers autrui au lieu de vers elles-mêmes? Pour avoir souffert durant des années, que dis-je, des décennies, de compulsions où je répétais les abus vécus enfant sur moi-même, je suis à même de comprendre que ces comportements d'évitement sont de vraies drogues, car elles permettent d'apaiser une détresse psychologique intense. L'adrénaline est au plafond!! J'ai eu la chance que la police ne serait pas venue me chercher dans ma chambre à coucher pour m'emmener en prison! En psychiatrie oui, mais pas en prison. Je ne faisais pas de mal à personne, à part à moi-même!

Comment arrêter d'avoir envie de passer à l'acte? Sur soi-même comme sur les autres? Comment faire en sorte qu'un toxicomane n'ait vraiment plus, mais alors vraiment plus envie de se droguer? Par une thérapie en profondeur et à long terme qui permet, comme le dit Dr. Salmona dans ses articles, de "désamorcer" la mémoire traumatique. En revivant ce que l'on a subi enfant, en revisitant l'abus de façon non dissociée pour retrouver toute la douleur de l'enfant abusé. Arrêter de minimiser ce qui s'est passé et retrouver la compassion pour l'enfant que l'on a été. Et ceci va permettre d'enfin réaliser le côté carrément horrifiant de ce que l'on s'est fait. Ou encore de ce qu'un abuseur a pu faire subir à d'autres pendant des années. Le mot clé pour moi est COMPASSION. Mais tant qu'on reste anesthésié, pas de compassion possible! Une meilleure connaissance des ces mécanismes pourrait non seulement apaiser la détresse chez l'adulte qui souffre de ces traumatismes ancrés profondément. Elle pourrait aussi servir à détecter précocément et par le fait même prévenir d'autres abus en traitant les adolescents à risque.

Au Québec, on dit souvent que la psychiatrie est le parent pauvre. Dans le sens que les fonds nécessaires à la recherche et au traitement font encore plus défaut que dans d'autres domaines de la recherche en santé. C'est dommage car combien de maladies dites "physiques" sont en fait psychosomatiques et pourraient être traitées en allant à la source, le mal-être psychologique, véritable gangrène invisible et sournoise.

En cherchant au Québec des centres de recherche en psychotraumatologie, je n'en ai pas trouvé qui étudient la mémoire traumatique en lien avec les traumatismes d'abus sexuels vécus enfant. Les premières études sur le SSPT ont été conduites chez les militaires revenant de la guerre. Maintenant, on étudie aussi ce syndrome chez les victimes d'évènements traumatisants ayant des répercussions à grande échelle (terrorisme, catastrophes naturelles) ou encore chez les victimes d'actes criminels perpétrés à l'âge adulte par des étrangers (vols de banque, prise d'otages).

Cet extrait que j'ai retrouvé dernièrement sur le web m'a véritablement choquée. On y décrit le SSPT et la recherche qui se fait dans le domaine de la manière suivante: 

"Selon le National Institute of Mental Health aux États-Unis, le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est un trouble anxieux qui se développe après l'exposition à un évènement terrifiant dans lequel notre vie ou celle de d'autres a été menacée."

Jusque là cela allait. Mais c'est par la suite que cela dérape:

"Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, la recherche sur le SSPT a augmenté de façon dramatique (...) La recherche sur des traitements préventifs efficaces"

Il fallait donc cela pour que l'on s'intéresse plus au sujet? Et que dire des millions de personnes sur terre qui souffrent de ce trouble suite à des abus sexuels intrafamiliaux vécus dans l'enfance? Et ceci, depuis que le monde est monde? La loi du silence, les tabous ont fait et font encore en sorte que l'on est encore aux premiers balbutiements en matière de traitement de ces victimes, incluant leurs abuseurs. Quant aux traitements préventifs, pour ce qui est de l'inceste, il faudrait chercher encore plus loin pour prévenir le SSPT!!

Que va-t-il falloir pour que la recherche sur les traumatismes liés à l'abus sexuel infantile prenne son essor?? Surtout que, même s'il y a des similitudes, on ne peut, selon moi, comparer le SSPT d'une victime d'attentats terroristes à celui dont va souffrir une victime d'inceste chez qui il y a une énorme composante affective, le traumatisme étant déclenché par un acte perpétré par une personne que l'enfant "aime". De plus, le vétéran de la guerre n'a pas oublié ce qu'il a vu. L'adulte abusé durant l'enfance a des grandes chances d'avoir oublié en tout ou en partie. Alors comment traiter cette problématique? Est-ce que le EMDR est plus indiqué que l'IMO? Les thérapies psycho-corporelles plus indiquées que l'approche humaniste? Et quelle thérapie est la plus appropriée non seulement pour les victimes d'inceste en général, mais pour les personnes qui avaient oublié? Et à quel stade du retour de la mémoire?

Il serait grand temps qu'on se penche sur ces questions!! Et que des fonds soient débloqués pour la recherche sur ce drame si fréquent qui entraîne des souffrances si profondes menant souvent jusqu'au suicide. Prévenir le suicide, prévenir le SSPT, c'est retourner à la source, les traumatismes d'enfance! On ne peut prévenir en demeurant en superficie!

À quand le PREMIER téléthon pour subventionner la recherche sur l'inceste??

   

 
Dan--assise

Maritée, 2004
Sculpture d'argile






Par Maritée - Publié dans : Editoriaux - Communauté : stop abus et violences
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 20:46



Samedi 27 février 2010

L’hiver a été très doux cette année. Et aujourd’hui même si nous ne sommes même pas en mars, la neige fond, l’eau coule en direction des puisards. Je suis sortie aller pelleter la neige mouillée. Et puis là, tout à coup, cela m’a rappelé les vrais printemps de mon enfance où on avait le temps de voir la neige fondre, d’entendre l’eau ruisseler doucement puis tomber en cascade dans les puisards. L’annonce, la promesse d’un nouvel été. De la vie qui revient. Mais en même temps, cet espoir, cette promesse me rend triste. Tous les printemps ont toujours provoqué chez moi un mélange d’espoir et de tristesse. Et cette image m’est revenue d’une journée de printemps, ensoleillée comme aujourd’hui mais où il ventait fort, fort à écorner les bœufs comme disait ma mère. Les vêtements se balançaient dangereusement sur la corde à linge. Ma mère les avait étendus avant de partir faire ses courses. Je suis allée chez une voisine, pas vraiment une amie, plus jeune que moi, N.M. Je n'étais jamais allée chez elle auparavant. Je suis tout-à coup très nerveuse et j’ai le goût de pleurer. Je ne peux plus continuer à pelleter. Alors je décide d’entrer et d’écrire. Cette journée…Elle me revient toujours. Un ciel bleu éclatant parsemé de nuages tout blancs filant à vive allure. Que s’est-il passé cette journée-là? Était-ce LA journée où il m’attendait à la maison pour ….je ne sais même pas si c’est vraiment arrivé même si tous les détails y sont. Ce qu’il me dit aussi. Je l’ai appelée la scène de la prévention ou interruption de grossesse dans le bain avec la broche à tricoter, attachée en position gynéco. J’ai 14 ans. Il m’a dit qu’il n’avait pas le choix de faire cela. Sinon, je devrais quitter la maison. Je ne voulais pas qu’il me l’enlève. Qu'il m'enlève mon…. Ma mère et ma tante ont tellement célébré ce jour où je suis devenue "grande fille" comme ils disaient. La seule chose noble chez une femme, la possibilité d'enfanter. Et là...Non, pas cela. Non, c’est tout ce qu’il me reste. Pas cela.  C’était début avril. J’en suis presque certaine. Bizarre… Pourquoi suis-je si certaine de cela alors que je ne crois même pas tout le reste? Il faisait doux et la neige était fondue depuis peu. Ou il en restait un peu. Mais le gazon était encore jaune et frais, presqu’encore mouillé. Je ne sais pas si c’est vrai que tout cela est arrivé. Je ne sais pas. Il me semble pourtant que j’ai retrouvé tous les morceaux du puzzle. En pièces détachées….Mais il y a certains morceaux que je rejette. Cela ne se peut juste pas. Non, pas cela. Cela c’est trop. Le morceau du puzzle pourtant entrerait bien à sa place. Mais il est encore en dehors. Je le vois très clairement. J’en vois tous les contours, et aussi tous les détails sur l’image. Mais je ne suis pas capable de le mettre à sa place avec les autres morceaux du casse-tête. Et c’est la même chose pour d’autres aussi, quelques-uns. Il ne manque que ces quelques morceaux pour que l’image soit complète. Et je les ai retrouvés pourtant. Mais je ne suis pas capable encore de les placer avec les autres. Est-ce que ce sont vraiment les bons? Si je me trompais? Si tout cela n’était que le fruit de mon imagination? Et en même temps que j’écris ces lignes, j’ai des douleurs menstruelles importantes. Comme les premiers jours de mes règles lorsque je n'étais pas ménopausée. Est-ce qu’il n’y aurait pas d’autres morceaux plutôt pour mettre à leur place?  D’autres qui ne seraient pas du domaine de l’innommable, de l’indescriptible, de l’inacceptable, de l’incompréhensible et surtout de l'incroyable. Non, je ne peux le croire. Est-ce que j’exagère? Est-ce que je serais née avec un besoin d’exagérer les choses morbides couplée à une imagination débordante? Ou est-ce la réalité? Pourquoi ne suis-je donc pas capable de le savoir. Est-ce que je finirai par le savoir un jour? Est-ce qu’un jour je finirai par être capable de terminer mon puzzle de vie?

Il faut que je garde espoir. Comme cette musique mélancolique que j'ai composée au piano à l'âge de 17 ans et sur laquelle un garçon au cégep a mis des paroles et intitulée: J'ai l'espoir. On se connaissait à peine. Quelle drôle de prémonition...


Maritée, Québec, Canada

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Par Maritée - Publié dans : Extraits du journal de Maritée - Communauté : expression libre sur les abus
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 20:18



HOMMAGE À LA VIE

HOMMAGE À UN EMBRYON

 

 

Tu as été conçu par la force

Dans l’abus et la haine

Dans la violence

Mais la vie était plus forte que tout

Plus forte que la haine

L’amour plus fort que la haine

Tu t’es accroché

 

Et puis on t’a extirpé,

Extirpé de force

A nouveau dans l’abus et la haine

Dans la violence

La destruction de la vie

Là la haine l’a emporté sur l’amour

L’ombre sur la lumière

 

Les belles apparences, les quand dira-t-on

Il a fallu préserver

Menant à ta destruction¸

Avant même que tu ne sois formé

 

Est-ce que ton âme avait déjà intégré

Ce germe de vie naissante

Ce potentiel inouï

Détruit dans l’oeuf

Ce miracle de la vie

 

J’ai mal, je pleure

On a détruit la vie en moi

La vie qui cherchait à éclore

L’amour qui cherchait à naître

Pour combattre la haine

 

J’ai mal, je pleure

Ce potentiel de donner la vie

De donner naissance

Ce potentiel naissant

Tout nouveau, tout neuf

On me l’a arraché ce jour-là

Anéanti avant même d’avoir pu

S’exprimer une première fois

 

Ton incarnation sur terre aura été courte

Le temps d’un double traumatisme

Pour toi comme pour moi

La peur, la terreur, la douleur

Nous ont fait mourir tous les deux

Ce jour-là, nous sommes morts tous les deux

Ensemble

 

Assassinés par la haine

Aux mains d’un seul homme

Qui n’a pas mesuré la portée de ses actes

Qui n’avait pas mesuré la portée de ses actes

 

Et pour réparer, il fallait te tuer

Il fallait me tuer

Pour que lui vive

Enfin que sa belle image subsiste

Car lui était déjà mort

Jaloux de la vie en toi,

Jaloux de la vie en moi

Parce qu’inexistante chez lui

 

Tu auras trouvé un autre corps pour t’incarner

Plus accueillant, plus chaleureux

Moi j’ai continué

À survivre dans le même

Corps meurtri, âme meurtrie

Cherchant la guérison

Cherchant la vie...

 

Quelque chose me dit, que tu aurais été une fille, une belle petite fille…  
Ma fille ou ma soeur?
 

 

Maritée, Novembre 2007

Par Maritée - Publié dans : Poèmes - Communauté : expression libre sur les abus
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 05:21

RECTO - image
www.editionsjespoir.com


Un échange avec MaGia du Brésil!  Très court mais bien écrit, bien dit. Merci MaGia de me permettre de reproduire ici tes paroles!


"Je pense aussi écrire beaucoup surtout pour d'autres victimes comme nous
qui sommes discréditées par l'entourage, ce qui fait partie du plan, nier la
réalité des faits, comme les bourreaux nazis, après les faits inommables,
le refus comme forme de défense de la perversion.

Et on devient folle, ils nous veulent folles,
mais on résiste avec notre vérité
qui veut se dire et
qui se dit tout le temps.

Après, quand on commence à la comprendre, tout gagne du sens, n'est-ce pas? "


20 février 2010

Par Maritée - Publié dans : Autres témoignages
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